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Revue de presse

Ce que l’on sait du crash d’un avion d’Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts

10/03/2019

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Le Boeing 737 avait décollé dimanche matin d’Addis-Abeba et était à destination du Kenya. Tous les passagers ont péri dans l’accident, parmi lesquels neuf Français.

Un Boeing 737 MAX de la compagnie Ethiopian Airlines, qui effectuait la liaison Addis-Abeba (Ethiopie) - Nairobi (Kenya), s’est écrasé, dimanche 10 mars au matin, peu après son décollage. Les 157 personnes qui se trouvaient à bord, parmi lesquelles neuf Français, ont péri dans l’accident.

Le Parlement éthiopien a décrété pour lundi une journée de deuil national au moment où affluaient les messages de condoléances et où des familles en pleurs étaient rassemblées à l’aéroport de Nairobi.

Qui sont les victimes ?

Parmi les victimes du crash figurent, selon un comptage provisoire fourni par la compagnie, trente-deux Kényans, dix-huit Canadiens, neuf Français, neuf Ethiopiens, huit Américains, huit Italiens, huit Chinois, sept Britanniques, six Egyptiens, cinq Allemands, quatre Indiens.

De nombreuses personnes affiliées à l’ONU se trouvaient dans l’avion, l’accident s’étant produit à la veille de l’ouverture, à Nairobi, de la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement dont le siège est dans la capitale kenyane. Dix-neuf employés de l’ONU ont péri dans le crash, a annoncé le porte-parole du directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Antonio Vitorino. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa « tristesse profonde ».

D’autres informations concernant l’identité des passagers ont émergé. Un responsable de la fédération kényane de football, Hussein Swale, et un archéologue italien et conseiller à la culture de la région Sicile, Sebastiano Tusa, font partie des morts. Un député slovaque, Anton Hrnko, a perdu sa famille : « C’est avec une infinie tristesse que j’annonce que ma chère épouse, Blanka, mon fils Martin et ma fille Michala ont péri dans la tragédie aérienne à Addis-Abeba ce matin », a-t-il écrit sur son compte Facebook.

Le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a présenté « ses condoléances aux familles de ceux qui ont perdu leurs proches ». Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a adressé « ses prières (…) à toutes les familles et aux proches de ceux qui étaient à bord ». Boeing s’est déclarée « profondément attristée » d’apprendre la disparition des passagers.

Le président français Emmanuel Macron a témoigné de « l’entière solidarité » de la France « au côté des peuples kényan et éthiopien » et il a adressé ses condoléances aux proches des victimes.

Quelles sont les causes du crash ?

En s’écrasant, dans un champ situé à environ 60 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba, près de la ville de Bishoftu, l’avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres. Il s’est désintégré à l’impact : on ne distinguait plus sa forme, mais des morceaux de carlingue éparpillés au sol, au milieu d’effets personnels. Sur place, des équipes de sauveteurs étaient affairées à la difficile tâche de récupérer les corps. Selon un témoin interrogé par l’AFP, « l’avion était déjà en feu lorsqu’il s’est écrasé au sol ».

Le vol ET302 avait décollé à 8 h 38 (6 h 38, heure de Paris) de l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba et il a disparu des contrôles radar six minutes plus tard. Il était piloté par le capitaine Yared Getachew (8 000 heures de vol à son actif) et il avait fait l’objet d’une maintenance le 4 février. Il aurait dû atterrir à Nairobi vers 10 h 30 (8 h 30, heure de Paris). Les conditions météorologiques étaient bonnes au moment de l’envol.

Selon le PDG d’Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, le pilote a fait part de « difficultés » peu après le décollage et il a demandé à rentrer sur Addis. « Il a mentionné qu’il voulait rentrer » et « il a eu l’autorisation » de faire demi-tour, a expliqué M. GebreMariam.

Qui va mener l’enquête ?

Des enquêteurs de l’Agence éthiopienne de l’aviation civile et des experts américains mèneront l’enquête de concert, a assuré le PDG. L’organisme fédéral américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé dimanche l’envoi d’une équipe d’inspecteurs chargés d’apporter leur aide. L’envoi d’experts du NTSB est habituel quand un accident concerne un avion fabriqué par Boeing et/ou que des victimes sont américaines.

Par ailleurs, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête sur le crash. Cette décision a été prise en raison de « la présence de ressortissants français parmi les victimes », a précisé le parquet. Le ministère des affaires étrangères français a confirmé qu’« un nouveau bilan porte à neuf le nombre de victimes françaises ».

Interrogations sur le Boeing 737 MAX

Pour la deuxième fois en quelques mois, un Boeing 737 MAX s’est écrasé peu après le décollage, soulevant de nouvelles questions sur ce nouvel appareil essentiel pour Boeing.

La tragédie survient après celle de Lion Air fin octobre 2018. L’appareil moyen-courrier de la compagnie à bas coûts indonésienne s’était abîmé en mer de Java, tuant 189 personnes. Une des boîtes noires avait pointé des problèmes d’indicateur de vitesse, un coup dur pour cet avion, version modernisée du best-seller 737.

« Il s’agit du même avion. Comme pour Lion Air, l’accident se passe peu de temps après le décollage et les pilotes ont émis des messages pour dire qu’ils étaient en difficulté puis il y a eu perte de l’avion. Il est difficile de dire que cela ne ressemble pas au premier accident », concède un expert aéronautique, qui a requis l’anonymat. « Il s’agit seulement de similarités, et la comparaison s’arrête là dans la mesure où nous n’avons pas d’information fiable à ce stade », a insisté, de son côté, Michel Merluzeau, directeur de Aerospace & Defence market Analysis.

Boeing a annoncé dimanche soir qu’il reportait la présentation officielle de son avion gros-porteur 777X ; le groupe a dit se concentrer sur le soutien à apporter à Ethiopian Airlines et il ne procédera donc pas à la présentation prévue mercredi à Seattle (Etat de Washington).

Lundi, Ethiopian Airlines a décidé de clouer ses Boeing 737 MAX au sol, et la Chine a demandé à ses compagnies aériennes de suspendre les vols de ces appareils.

Source : Le Monde
Auteur : La Rédaction
Date : 10/03/2019